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Réglementation11 min · 7 septembre 2026

Amende SACEM en magasin : ce que vous risquez, et comment régulariser

« Amende SACEM » en magasin : ce que dit vraiment la loi, ce qu'un courrier ou un contrôle déclenche en pratique, et comment régulariser sans que ça se reproduise.

Un courrier de la SACEM dans la pile, ou un agent passé en boutique la semaine dernière. Le réflexe est de taper « amende SACEM magasin » dans un moteur de recherche, en imaginant une contravention. Ce mot — amende — fait peur, et il est mal choisi pour décrire ce qui arrive à la quasi-totalité des commerces dans cette situation. Ce guide explique ce que dit exactement la loi, ce que la SACEM déclenche concrètement pour un magasin qui diffuse de la musique sans déclaration, et la marche à suivre pour régulariser.

En bref. Ce que vous recevez n'est presque jamais une amende au sens pénal : c'est un rappel de redevance, calculé selon les barèmes publics de la SACEM et de la SPRE. Le mot « amende » ne s'applique juridiquement qu'au délit de contrefaçon — jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende selon l'article L. 335-2 du code de la propriété intellectuelle — réservé aux diffusions restées totalement non autorisées et poursuivies en justice. Dans l'immense majorité des dossiers, régulariser une déclaration suffit à sortir de cette zone. Pour l'avenir, un catalogue hors répertoire comme celui que compose Humify change le cadre : Sur la musique Humify : sans SACEM, sans SPRE*. Votre catalogue est réservé à votre établissement ou aux lieux déclarés de votre enseigne, sans partage entre clients. Une autorisation écrite encadre sa diffusion et une attestation dédiée l’accompagne. La mention « sans SPRE » exprime la position juridique de Humify pour son catalogue réservé. Elle suppose l’absence de publication des enregistrements à des fins de commerce, au sens de l’article L214-1 du Code de la propriété intellectuelle. Cette qualification peut faire l’objet d’une appréciation différente par les organismes ou juridictions compétents. Lire la notice SPRE. Les autres sources musicales doivent être examinées séparément selon les œuvres, les enregistrements et leur usage réel. La diffusion de phonogrammes publiés à des fins de commerce peut rendre l’établissement redevable de la SPRE, même lorsqu’ils sont mélangés au catalogue Humify.

Ce que « amende SACEM » désigne vraiment

La confusion vient d'un raccourci de langage, pas d'un flou juridique. Le droit distingue deux choses très différentes.

La redevance, d'abord. C'est une somme due au titre des barèmes publics de la SACEM et de la SPRE, exactement comme un loyer ou une cotisation : elle se budgète, elle se rattrape, elle ne relève d'aucune juridiction pénale. Un magasin qui diffuse de la musique sans avoir déclaré sa sonorisation doit cette redevance rétroactivement, à hauteur de ce que prévoient les grilles tarifaires — ni plus, ni moins.

La contrefaçon, ensuite. C'est le seul terme du droit français qui corresponde réellement à une « amende » au sens pénal. L'article L. 335-2 du code de la propriété intellectuelle, dans sa version en vigueur depuis le 5 juin 2016, punit la contrefaçon de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 € d'amende, portés à sept ans et 750 000 € si les faits sont commis en bande organisée. Ce texte vise la diffusion réalisée « au mépris des lois et règlements relatifs à la propriété des auteurs » — en pratique, une exploitation restée sans autorisation ni déclaration, poursuivie devant un tribunal après l'échec de toute tentative de régularisation. Ce n'est pas l'étape par laquelle commence un dossier.

Un second texte, moins connu, mérite d'être cité pour être honnête sur le sujet : l'article L. 335-4, troisième alinéa, du même code (en vigueur depuis le 24 octobre 2019) punit de la même amende « le défaut de versement de la rémunération due à l'auteur, à l'artiste-interprète ou au producteur [...] au titre [...] de la communication publique ». Cette disposition concerne la part SPRE (rémunération équitable des artistes-interprètes et producteurs) autant que la part SACEM. Elle existe dans la loi ; elle ne décrit pas ce qui se passe à la réception d'un premier courrier.

Ce qui se passe concrètement, étape par étape

1. Le déclencheur : contrôle sur place ou courrier

Un agent assermenté peut constater la diffusion pendant vos heures d'ouverture. Beaucoup de dossiers s'ouvrent aussi sans visite, par simple courrier de demande de déclaration. Les deux appellent la même réponse : répondre dans le délai indiqué.

2. Le rappel de redevance, calculé sur les barèmes publics

Pour un magasin, la fiche officielle « Diffuser de la musique dans un commerce (Sacem) » de service-public.gouv.fr (mise à jour le 12 août 2025) précise que le montant des droits d'auteur d'un commerce de détail « est déterminé en fonction du nombre d'employés en contact direct avec la clientèle ». Elle donne un exemple chiffré : pour 52 employés, le tarif général s'élève à 3 680,40 € plus 94,68 € par personne supplémentaire (tarif réduit : 2 944,32 € plus 75,74 €). Le montant minimum annuel de facturation pour un magasin est fixé à 107,22 € HT. À ces droits d'auteur s'ajoute la rémunération équitable due à la SPRE, elle aussi collectée par la SACEM.

3. Régulariser : déclaration puis paiement dans le délai

La même source précise qu'après la déclaration préalable et la signature d'un contrat général de représentation — conclu pour un an, reconductible tacitement — vous recevez une facture pour la SACEM et une autre pour la SPRE, à régler dans les 25 jours. Un abattement de 20 % s'applique si la déclaration est effectuée à l'avance, c'est-à-dire avant l'installation du matériel de sonorisation ; à défaut, c'est le tarif général qui s'applique.

4. Si le courrier reste sans réponse

Le silence ne fait disparaître aucune somme due : il transforme un dossier de régularisation en dossier contentieux. La suite normale est une mise en demeure, puis, seulement en cas de blocage persistant, une procédure judiciaire — le terrain sur lequel la qualification de contrefaçon peut, dans les cas les plus tranchés, être retenue.

En un coup d'œil

Votre situationCe que ça déclencheCe qu'il faut faire
Contrôle ou courrier, jamais déclaréRappel de redevance selon les barèmes publics SACEM et SPREDéclarer sans attendre, régler sous 25 jours, demander le tarif réduit si votre déclaration a précédé l'installation
Courrier resté sans réponseMise en demeure, puis risque de procédure contentieuseRépondre dans tous les cas, même pour annoncer une réponse circonstanciée
Diffusion restée sans autorisation et poursuivie en justiceDélit de contrefaçon (art. L. 335-2 CPI) : jusqu'à 3 ans et 300 000 € d'amendeSe faire assister par un avocat ; régulariser reste la meilleure protection
Part SPRE non réglée en parallèle de la SACEMDéfaut de versement (art. L. 335-4, al. 3, CPI) : amende jusqu'à 300 000 €Vérifier que la facture SPRE, distincte de la SACEM, est bien réglée — voir notre guide sur le courrier de relance SPRE

Gardez une trace écrite de chaque échange : c'est votre historique de bonne foi si le dossier devait évoluer. La marche à suivre complète, avec la liste des pièces, le process anti-récidive et un plan d'action à imprimer, est dans notre guide contrôle SACEM : régulariser et éviter que ça se reproduise.

La SPRE porte sur les utilisations de phonogrammes publiés à des fins de commerce prévues par l’article L214-1. Le Conseil d’État, 13 avril 2021, n°438610, point 9, a indiqué qu’un établissement dont la sonorisation ne recourt à aucun phonogramme publié ne serait pas redevable. Humify s’appuie sur ce principe pour son catalogue réservé. L’autorisation écrite et l’attestation précisent le cadre de diffusion ; la notice SPRE expose la portée de cette position.

Questions fréquentes

Combien coûte une amende SACEM pour un magasin ou un restaurant ?

Il n'existe pas de tarif d'« amende » : ce que reçoit un établissement est un rappel de redevance, calculé sur les barèmes publics de la SACEM et de la SPRE pour la période de diffusion non déclarée, parfois assorti de frais. Le montant dépend donc de la catégorie, de la surface ou des couverts, de la commune et de la durée. Seul le délit de contrefaçon, réservé aux diffusions restées sans autorisation et poursuivies en justice, relève d'une amende pénale. Pour l'avenir, un catalogue hors répertoire comme celui que compose Humify change le cadre : Sur la musique Humify : sans SACEM, sans SPRE*. Votre catalogue est réservé à votre établissement ou aux lieux déclarés de votre enseigne, sans partage entre clients. Une autorisation écrite encadre sa diffusion et une attestation dédiée l’accompagne. La mention « sans SPRE » exprime la position juridique de Humify pour son catalogue réservé. Elle suppose l’absence de publication des enregistrements à des fins de commerce, au sens de l’article L214-1 du Code de la propriété intellectuelle. Cette qualification peut faire l’objet d’une appréciation différente par les organismes ou juridictions compétents. Lire la notice SPRE. Les autres sources musicales doivent être examinées séparément selon les œuvres, les enregistrements et leur usage réel. La diffusion de phonogrammes publiés à des fins de commerce peut rendre l’établissement redevable de la SPRE, même lorsqu’ils sont mélangés au catalogue Humify.

Recevoir un courrier de la SACEM, est-ce déjà une amende ?

Non. Un courrier de demande de déclaration ou de régularisation ouvre un dossier amiable, pas une procédure pénale. La qualification d'amende, au sens juridique, ne s'applique qu'au délit de contrefaçon prévu par l'article L. 335-2 du code de la propriété intellectuelle, réservé aux diffusions restées sans autorisation et effectivement poursuivies en justice.

Quel est le risque si je ne réponds pas à un courrier de la SACEM pour mon magasin ?

Le dossier évolue vers une mise en demeure, puis, en l'absence de réponse persistante, vers une procédure contentieuse. Les sommes dues au titre des barèmes publics restent exigibles pendant tout ce temps ; le silence ne les suspend jamais, il change seulement la nature de la procédure.

Le rappel de redevance peut-il vraiment coûter plusieurs milliers d'euros pour un magasin ?

Cela dépend directement de la taille de l'établissement : la grille SACEM pour les commerces de détail se base sur le nombre d'employés en contact avec la clientèle. Selon l'exemple publié par service-public.gouv.fr, un commerce de 52 employés atteint un tarif général proche de 3 680 € par an, quand le minimum de facturation pour un petit magasin est de 107,22 € HT. L'écart est large : mieux vaut le calculer avant qu'après.

Changer de source musicale suffit-il à éviter la redevance ?

Pour l'avenir, oui, à condition que la nouvelle source soit réellement hors répertoire SACEM et que vous puissiez le prouver. Pour le passé, non : la période de diffusion déjà écoulée reste due selon les barèmes publics, quel que soit le choix fait ensuite.

Comment Humify change la situation pour l'avenir

Cet article ne remplace pas l'avis d'un avocat ou de votre expert-comptable, en particulier si le courrier reçu évoque une procédure judiciaire ou porte sur plusieurs années de diffusion.

Sur la musique Humify : sans SACEM, sans SPRE*. Votre catalogue est réservé à votre établissement ou aux lieux déclarés de votre enseigne, sans partage entre clients. Une autorisation écrite encadre sa diffusion et une attestation dédiée l’accompagne. La mention « sans SPRE » exprime la position juridique de Humify pour son catalogue réservé. Elle suppose l’absence de publication des enregistrements à des fins de commerce, au sens de l’article L214-1 du Code de la propriété intellectuelle. Cette qualification peut faire l’objet d’une appréciation différente par les organismes ou juridictions compétents. Lire la notice SPRE. Les autres sources musicales doivent être examinées séparément selon les œuvres, les enregistrements et leur usage réel. La diffusion de phonogrammes publiés à des fins de commerce peut rendre l’établissement redevable de la SPRE, même lorsqu’ils sont mélangés au catalogue Humify.

Humify remet une attestation de provenance et d’autorisation de diffusion, disponible dans votre espace, qui présente les éléments documentés et sa position juridique. Elle peut être produite lors d’un contrôle ; elle ne constitue pas une décision de la SACEM ou de la SPRE et ne lie ni ces organismes ni le juge. C'est cette pièce, plus que toute formule, qui protège un magasin le jour où un agent se présente : vous ne répondez pas « c'est de la musique libre », vous présentez un document.

Si vous sortez d'une régularisation et voulez évaluer cette voie pour votre magasin, le diagnostic sonore est gratuit et sans engagement. Les formules disponibles sont détaillées sur la page tarifs. Et si vous préférez rester au répertoire en toute connaissance de cause, notre calculateur vous aide à budgéter la redevance à partir des barèmes publics.

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