Comprendre la SACEM pour un restaurant en 2026
Comment la SACEM facture la musique d'ambiance des restaurants : barèmes, déclaration, contrôle. Guide neutre pour gérants CHR.
La SACEM est l'organisme central qui collecte les redevances d'auteurs et de compositeurs en France. Si vous diffusez de la musique enregistrée dans votre établissement — même un fond sonore très discret — vous entrez dans le périmètre. Ce guide explique comment la facture est construite, ce qui rentre dans le calcul, et où se situent les marges de manœuvre du gérant.
En bref. Un restaurant qui diffuse de la musique du répertoire doit déclarer sa diffusion à la SACEM avant la première diffusion ; la redevance se calcule sur des barèmes publics 2026 (catégorie, surface ou couverts, commune, mode de diffusion) et la SPRE s'y ajoute au titre de la rémunération équitable. Sur la musique Humify, aucune redevance SACEM ni SPRE : un catalogue composé pour votre lieu, hors répertoire, qui n'est ni déclaré à la SACEM ni un phonogramme du commerce. Toute autre diffusion dans l'établissement (radio, plateformes grand public, DJ, musiciens) reste soumise aux barèmes publics de la SACEM et de la SPRE.
Pourquoi un restaurant paie une redevance
Le droit français reconnaît deux types de droits sur un enregistrement musical : le droit d'auteur (compositeur, parolier) et les droits voisins (interprète, producteur du phonogramme). La diffusion publique d'un enregistrement déclenche les deux. La SACEM gère les droits d'auteur ; la SPRÉ collecte pour les droits voisins. Dans la pratique, la SACEM facture les deux en un seul acte pour la majorité des établissements CHR. Qui perçoit quoi, activité par activité, est détaillé sur notre page SACEM et SPRÉ.
Ce qui compte du point de vue légal : la diffusion est « publique » dès qu'elle est audible par un public qui n'est pas le cercle familial du diffuseur. Un restaurant ouvert au public est par définition concerné, même si la musique est jouée à très faible volume.
Comment se construit le barème
Le calcul combine plusieurs variables. Les principales :
- La nature de l'établissement : restaurant traditionnel, brasserie, bar, café, hôtel, salle de sport — chaque catégorie a sa grille.
- La surface du lieu ou la capacité d'accueil (couverts, places).
- Le mode de diffusion : musique de fond seule, musique avec écran TV, soirées dansantes, concerts.
- Les horaires d'ouverture : un établissement de nuit paie plus qu'un déjeuner-seul.
- Le chiffre d'affaires pour certaines catégories.
Il existe également des abattements liés à la déclaration en ligne, au paiement anticipé, ou à l'adhésion à certains regroupements professionnels.
Pour un restaurant, la page prix SACEM restaurant détaille ce qui fait varier la facture, la grille 2026 donne les tranches, et le calculateur un ordre de grandeur en trente secondes à partir du barème public daté.
Ce qu'on a le droit de faire — et ce qu'on a le droit de ne pas faire
Trois cas de figure courants reviennent dans nos échanges avec des gérants :
1. Diffuser de la musique du répertoire SACEM
C'est le cas par défaut : Spotify, Deezer, la radio FM, un CD acheté en magasin. Vous payez la redevance correspondante. Une absence de déclaration est juridiquement assimilée à de la contrefaçon.
2. Diffuser des œuvres hors répertoire SACEM
Une œuvre est dite « hors répertoire » quand son ou ses auteurs ne sont pas adhérents d'une société de gestion collective, ou n'ont pas déclaré l'œuvre à celle-ci. Dans ce cas, la redevance d'auteur n'est pas due ; pour un catalogue hors répertoire générique, le statut de la redevance voisine dépend du producteur de l'enregistrement. Sur la musique Humify, aucune redevance SACEM ni SPRE : un catalogue composé pour votre lieu, hors répertoire, qui n'est ni déclaré à la SACEM ni un phonogramme du commerce. Toute autre diffusion dans l'établissement (radio, plateformes grand public, DJ, musiciens) reste soumise aux barèmes publics de la SACEM et de la SPRE. Comment nous documentons l'origine des morceaux.
3. Ne pas diffuser de musique du tout
Un établissement peut renoncer entièrement à la diffusion musicale et ne rien déclarer. Cette option existe mais elle est rare dans le CHR : l'ambiance sonore est un levier de positionnement et de durée de repas.
Ce qui se passe en cas de contrôle
Un agent assermenté de la SACEM peut se présenter dans votre établissement pendant les heures d'ouverture. Sa mission est de constater la diffusion et son périmètre (style, volume, heures). Il n'a pas pouvoir de fouille ni de coercition immédiate.
Si vous diffusez du hors répertoire, vous avez intérêt à pouvoir présenter :
- Une attestation du fournisseur de votre catalogue (nominatif, daté, opposable).
- L'historique des morceaux diffusés sur les dernières heures, idéalement les derniers jours.
- Une preuve documentaire de l'apport créatif humain sur les œuvres concernées.
Sans ces éléments, la présomption joue généralement en faveur de l'organisme collecteur. Le déroulé d'un contrôle et les réflexes à avoir sont dans la checklist du gérant ; les options après un courrier de rattrapage dans Contrôle SACEM : que faire ensuite.
Les évolutions à surveiller en 2026
Deux dossiers méritent l'attention des gérants :
- L'encadrement légal des œuvres assistées par IA, qui pourrait modifier la définition de l'apport humain et l'éligibilité au régime hors répertoire.
- L'évolution des barèmes SPRÉ sur les droits voisins, indépendante de la SACEM mais facturée sur la même feuille pour la plupart des établissements.
Ces dossiers évoluent vite. Si votre fournisseur de catalogue ne vous tient pas informé, c'est un signal.
Questions fréquentes
La SACEM me réclame un rattrapage pour mon restaurant : quelles options pour la suite ?
Régularisez d'abord, choisissez ensuite. Répondez au courrier dans le délai indiqué, déclarez votre diffusion telle qu'elle a eu lieu — catégorie, surface ou couverts, mode de diffusion, horaires — et réglez le rattrapage sur la base des barèmes publics, après vérification du calcul et des abattements (déclaration en ligne, paiement anticipé) par votre comptable ou votre avocat. Une fois la situation à jour, trois options pour la suite. Rester au répertoire — radio, streaming licencié pour l'usage professionnel, enregistrements du commerce — en continuant à déclarer et à régler SACEM et SPRE. Passer à un catalogue hors répertoire pour la musique diffusée par votre lecteur, à condition que le fournisseur remette une attestation nominative et documente l'origine des morceaux ; toute autre diffusion (radio, DJ, musiciens) reste soumise aux barèmes. Ne plus diffuser de musique, rare en restauration. Les délais sont détaillés dans Contrôle SACEM : que faire ensuite. Pour la suite, si toute votre diffusion passe par un catalogue hors répertoire comme celui que compose Humify, le cadre change : sur la musique Humify, aucune redevance SACEM ni SPRE : un catalogue composé pour votre lieu, hors répertoire, qui n'est ni déclaré à la SACEM ni un phonogramme du commerce. Toute autre diffusion dans l'établissement (radio, plateformes grand public, DJ, musiciens) reste soumise aux barèmes publics de la SACEM et de la SPRE.
Pour aller plus loin
- Les barèmes officiels SACEM sont publics et disponibles sur le site sacem.fr.
- Pourquoi deux factures pour la même musique : SACEM et SPRÉ, la différence. Ce que ça représente chaque mois : le coût réel de la musique dans un restaurant de 50 couverts.
- En cas de doute sur votre situation, un avocat spécialisé en propriété intellectuelle reste la référence — un fournisseur de catalogue, quel qu'il soit, ne se substitue pas à un conseil juridique.
- Si vous voulez discuter de votre cas précis avec nous, écrivez-nous via la page contact. On répond.
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